Hub des actualités

Les incertitudes politiques fragilisent encore un peu plus la French Tech

Écrit par mar 28 Oct 2025

Les start-up françaises affrontent les incertitudes politiques et la baisse des levées de fonds au sein de l’écosystème French Tech.

Déjà touchées par une chute continue des levées de fonds, les start-up françaises doivent de nouveau affronter un climat d’incertitudes politiques, notamment sur les dispositifs de soutien public à l’innovation.

Faut-il y voir une simple coïncidence ou le signe que l’incertitude politique commence à peser sur la French Tech ? Au cours du mois de septembre, marqué par la chute du gouvernement Bayrou, les start-up françaises ont supprimé davantage d’emplois qu’elles en ont créés, selon le baromètre mensuel publié par Numeum. “Un tournant”, redoute le lobby tricolore de l’industrie du numérique.

Ce recul s’inscrit dans une tendance lourde: une “dégradation mois après mois depuis janvier”, souligne Numeum. Il s’explique à la fois par une baisse continue des nouvelles embauches et par un bond spectaculaire des suppressions de postes. Presque aucun secteur n’est épargné, à l’exception des start-up spécialisées dans l’intelligence artificielle générative.

Moins de créations de start-up

Le déclin de l’emploi s’accompagne d’un ralentissement du rythme de création de nouvelles entreprises. Le dernier baromètre publié en septembre par France Digitale, qui représente les start-up et fonds d’investissement, faisait ainsi état de 1.200 créations nettes en un an. Trois fois moins que lors des douze mois précédents.

“Pour qu’un entrepreneur ose innover, il faut d’abord qu’il ait confiance”, souligne Maya Noel, la directrice générale de France Digitale. Or, les incertitudes politiques, couplées au contexte économique, se traduisent par un manque de visibilité, aussi bien pour les entrepreneurs que pour les investisseurs susceptibles de financer leurs nouveaux projets.

Arbitrages budgétaires

Les inquiétudes de la French Tech portent notamment sur les arbitrages budgétaires actuellement débattus à l’Assemblée nationale. L’an passé déjà, les start-up n’avaient pas été épargnées, même si les mesures les plus sévères, initialement envisagées, avaient été abandonnées pendant les discussions parlementaires.

Comme en 2024, le dispositif “jeunes entreprises innovantes” pourrait être de nouveau durci. Pour bénéficier d’exonérations de charges, les entreprises de moins de 250 salariés devront désormais investir plus de 25% de leurs dépenses dans la recherche et développement, contre 20% auparavant. Il y a dix-huit mois encore, une start-up sur deux profitait de cet avantage fiscal. Leur nombre a depuis mécaniquement reculé.

Pérennité du soutien public

À plus long terme, l’écosystème s’interroge aussi sur la pérennité du soutien public, notamment par l’intermédiaire de Bpifrance. Non seulement la banque publique d’investissement cumule, à elle seule, environ 10% de l’ensemble des levées de fonds, mais elle représente aussi une caution qui permet aux start-up d’attirer des fonds d’investissement privés.

En outre, les financements publics (via Bpifrance ou d’autres dispositifs) représentent près de 20% des actifs sous gestion des fonds français de capital-risque. Et les subventions publiques sont la première ressource des structures d’accompagnement des start-up en France, représentant près de 33 % de leurs budgets.

Pour ne rien arranger, ces incertitudes surviennent alors que les levées de fonds continuent de s’effondrer. Au premier semestre, elles ont encore chuté de 35%, retombant à leur plus bas niveau depuis 2020. L’ensemble de l’écosystème est touché, alors que les investisseurs, devenus plus attentistes, privilégient désormais les start-up déjà présentes dans leur portefeuille.

Écrit par mar 28 Oct 2025

Envoyez-nous une correction Envoyez-nous un scoop