La French Tech résiste aux difficultés, sans parvenir à rebondir
Écrit par Jérôme Marin mar 17 Sep 2024

La reprise des levées de fonds se fait toujours attendre pour les start-up tricolores. Le climat politique fait peser de nouvelles incertitudes.
Si la French Tech a évité le pire – une arrivée de l’extrême droite au pouvoir -, elle a encore bien du mal à repartir de l’avant. « Le contexte économique maussade n’épargne pas les start-up », reconnaît Maya Noël, la directrice de France Digitale, une association qui représente l’écosystème tricolore.
Après une forte chute l’an passé, la reprise des levées de fonds se fait ainsi toujours attendre. Au premier semestre, les jeunes pousses françaises ont recueilli 4,3 milliards d’euros, autant que l’an passé, mais deux fois moins qu’en 2022. Un tiers des dirigeants expliquent que leur principale priorité est de trouver des investisseurs, selon le baromètre annuel réalisé par France Digitale et le cabinet EY.
La stabilité des levées de fonds cache deux réalités. L’une est positive: le retour des opérations se chiffrant en centaines de millions d’euros, notamment grâce à la montée en puissance de l’intelligence artificielle générative. L’autre est négative: la chute des levées intermédiaires de sociétés qui ont été surévaluées pendant la période d’euphorie post-Covid, parfois sans chemin clair vers la rentabilité, et qui ne peuvent pas lever de l’argent. Ou qui ne veulent pas car la valorisation proposée est trop éloignée de la précédente.
Autre élément inquiétant: le dry powder, l’enveloppe dont disposent les fonds de capital-risque pour investir, se réduit. « Leur priorité est de lever de nouvelles liquidités. En attendant, ils sont plus attentistes », souligne Franck Sebag, associé chez EY.
« Nous sommes arrivés à un plateau, qui est très haut”, relativise Maya Noel, qui met en avant plusieurs bons chiffres. Sur les douze derniers mois, l’écosystème français a enregistré la création nette de 3.500 start-up. Il a aussi créé 50.000 emplois directs et 150.000 emplois indirects sur la période. En moyenne, le chiffre d’affaires des start-up a progressé de 27% en 2023. 32% d’entre elles sont déjà rentables. Et la moitié pense le devenir dans les trois ans.
Le dynamisme de la French Tech reste aussi suspendu au climat d’incertitude politique. Les investisseurs et les entrepreneurs redoutent un effet un climat moins favorable que sous les gouvernements précédents. Des doutes subsistent sur la poursuite des programmes de soutien. Ou encore sur la stratégie de Bpifrance, particulièrement active pour investir dans les start-up.
Maya Noel craint surtout une « balle perdue »: des changements qui ne viseraient pas principalement les start-up mais qui pourraient leur être fatals. Elle cite notamment le crédit d’impôt recherche, qui soutient la R&D mais qui profite aussi aux grands groupes américains. Autre inquiétude: les modalités de déploiement des fonds mobilisés dans le cadre du plan France 2030.
Écrit par Jérôme Marin mar 17 Sep 2024
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