Hub des actualités

Cybersécurité: ce que révèlent les attaques récentes contre entreprises et collectivités françaises

Écrit par ven 3 Oct 2025

Hacker en capuche avec code binaire et réseau numérique, symbolisant le risque de cyberattaque.

À l’occasion du mois européen de la cybersécurité, Techerati fait un tour d’horizon des enseignements apportés par les attaques récentes en France.

1- Les ransomwares deviennent plus intelligents

Près de 1.000 attaques en seulement six mois. Le début de l’année a enregistré un pic historique en termes d’attaques par ransomware (rançongiciels) en France, selon les données recueillies par le Groupement d’Intérêt Public Action contre la Cybermalveillance. Au-delà du nombre, ce qui marque également, c’est le degré accru de sophistication

Dans sa dernière version, lancée il y a seulement quelques semaines, le logiciel malveillant LockBit, l’un des plus redoutés, inclut des nouvelles techniques avancées pour passer sous le radar des logiciels de défense. Cela le rend “considérablement plus dangereux que ses prédécesseurs”, souligne la plateforme de cybersécurité Trend Micro.

Autre exemple: PromptLock, un projet de recherche mené par un chercheur américain, connu comme le premier ransomware alimenté par l’IA. Concrètement, il utilise l’un des grands modèles de langage conçus par OpenAI pour générer dynamiquement une multitude de scripts afin d’échapper aux systèmes de détection et aux mécanismes de traçage.

2- Les collectivités locales, terrain de jeu privilégié des cybercriminels

Si elles ne sont pas les seules touchées par des cyberattaques, les collectivités locales demeurent une cible privilégiée pour les pirates informatiques. En 2024, 214 incidents ont été reportés à l’Anssi, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. Cela représente 14% de l’ensemble des signalements. La majorité des attaques ont concerné les communes, plus vulnérables en raison de leurs faibles dépenses en cybersécurité. Mais les régions et les départements ont proportionnellement été plus touchés.

L’Anssi recense trois catégories de menace. Les attaques à but lucratif sont de loin les plus nombreuses, comme pour les entreprises. Suivent les attaques à but de déstabilisation, menées par des activistes aux motivations politiques ou par des groupes affiliés à des États. Plus rares, les attaques à but d’espionnage peuvent aussi cibler les collectivités locales.

3- Les écosystèmes logiciels, porte d’entrée des pirates

La fuite de données de clients d’Air France KLM cet été illustre un nouveau type d’attaques informatiques, qui ne vise pas directement les entreprises mais passe par les logiciels qu’elles utilisent, en particulier leur plateforme de CRM dédiée au service client. Dans le cas de la compagnie aérienne française, il s’agit d’une faille exploitée par les hackers de ShinyHunters sur une application Salesforce. De nombreuses entreprises ont été touchées en France et à l’international.

D’autres CRM ont également été visés ces derniers mois. Ces attaques utilisent le plus souvent l’ingénierie sociale, une technique qui vise à manipuler une personne pour qu’elle commette une erreur compromettant la sécurité d’une organisation. La méthode de ShinyHunters consiste, par exemple, à appeler les employés IT de clients de Salesforce pour les convaincre d’installer un logiciel malveillant sur leur CRM qui leur permet ensuite de siphonner l’ensemble des données.

4- Les tensions géopolitiques, sources d’attaque

En avril, la France a formulé des accusations inédites. Le gouvernement a officiellement attribué à la Russie une série de cyberattaques visant des institutions publiques et privées. Et plus précisément le GRU, le renseignement militaire russe, dont dépend le groupe de cybercriminels APT28, également connu sous le nom de Fancy Bear. Depuis quatre ans, ce collectif a utilisé tout l’arsenal dont il dispose sur ses cibles françaises: “des campagnes d’hameçonnage, d’attaques par force brute notamment contre des messageries web (webmails), et d’exploitation de vulnérabilités y compris jour-zéro”, liste l’Anssi.

Ces cyberattaques cherchaient principalement à collecter des informations stratégiques, comme des conversations, des carnets d’adresses et des identifiants de connexion. Selon l’Anssi, elles ne comprenaient pas de mécanisme spécifique destiné à maintenir un accès. Un signe que les pirates voulaient avant tout collecter des informations spécifiques pour répondre à des besoins précis d’espionnage. Et aussi le symbole que les tensions géopolitiques, ici accentuées par le déclenchement de la guerre en Ukraine, restent un puissant moteur de cyberattaques.

Participez au Cloud & Cyber Security Expo Paris

5-6 novembre 2025, Porte de Versailles, Paris

Sécurisez votre cloud. Renforcez votre stratégie.

Rejoignez les RSSI, architectes cloud et responsables de la sécurité qui façonnent la cyber-résilience en France. Découvrez les cadres Zero Trust, des analyses des risques liés à l’IA et des solutions prêtes pour la conformité — réunis en un seul lieu.

Écrit par ven 3 Oct 2025

Envoyez-nous une correction Envoyez-nous un scoop